Comprendre les indicateurs bibliométriques
Les indicateurs bibliométriques donnent une appréciation quantitatives du niveau des journaux scientifiques, des textes publiés, des chercheurs et des institutions. Retrouvez une explication de ces indicateurs et un regard critique face à leur utilisation.
Un usage utile, mais à replacer dans son contexte
Les indicateurs bibliométriques occupent aujourd'hui une place importante dans l'évaluation de la recherche. Ils permettent de mesurer certains aspects de la production scientifique, tels que la visibilité des publications, leur niveau de citation ou encore l'influence apparente d'une revue, d'un chercheur ou d'une institution. Utilisés avec prudence, ils peuvent fournir des informations utiles pour éclairer certaines analyses.
Toutefois, ces indicateurs présentent des limites importantes. Ils reposent principalement sur le nombre de citations et peuvent varier fortement selon les disciplines, les pratiques de publication, l'ancienneté des travaux ou encore la base de données utilisée. Ils ne permettent pas, à eux seuls, d'apprécier la qualité scientifique d'une recherche, son originalité, sa rigueur méthodologique, son impact sociétal ou ses contributions à l'enseignement, à la collaboration et à la science ouverte.
L'utilisation de certains indicateurs, comme le facteur d'impact des revues ou le h-index, pour évaluer directement les chercheurs et chercheuses fait d'ailleurs l'objet de nombreuses critiques au niveau international. Des initiatives telles que la Déclaration de San Francisco sur l'évaluation de la recherche (DORA) ou l'l’Accord pour la Réforme de l’Evaluation de la Recherche de la coalition CoARA (Coalition for Advancing Research Assessment) encouragent ainsi une utilisation responsable et contextualisée des indicateurs bibliométriques, en complément d'une évaluation qualitative.
Les indicateurs bibliométriques doivent donc être considérés comme des outils d'aide à la décision et non comme des mesures absolues de la qualité de la recherche. Leur interprétation nécessite toujours une analyse critique, tenant compte du contexte disciplinaire, des objectifs de l'évaluation et de la diversité des contributions scientifiques.
Les indicateurs
Voici une sélection des indicateurs les plus utilisés.
1 - Impact d'un article
Nombre de citations
Le nombre de citations mesure le nombre de fois qu'un document est cité par d'autres publications scientifiques au sein d'un corpus donné et sur une période de temps donnée. Ce nombre est donc différent en fonction des bases de données (Web of Science, Scopus, Google Scholar, PubMed, etc.) qui n'ont pas le même périmètre.
Altmetrics
Les mesures de l'usage des articles sur Internet et en particulier via les réseaux sociaux peuvent compléter utilement le nombre de citations dans une base bibliographique donnée.
2 - Impact d'une revue
Impact Factor
L'Impact Factor de Thomson Reuters© donne une indication de l'impact d'une revue et représente le rapport entre le nombre de citations que reçoivent les articles d'une revue au cours d’une période donnée (2 ou 5 ans) sur base du corpus du Web of Science et le nombre d’articles publiés dans cette même revue pendant la même période. L'IF a fait l'objet de diverses critiques, mais reste très largement utilisé dans certaines disciplines. Il existe deux versions de l'IF: IF Science et IF Social Science. Les Impact Factor sont publiés chaque année dans le Journal Citation Reports
EigenFactor
L’Eigenfactor évalue l'influence d'une revue en quantifiant le nombre de fois où des articles d’une revue publiés dans les 5 ans qui précèdent ont été cités dans l’année de référence, sur base du corpus du Web of Science. En outre, l’Eigenfactor pondère chaque référence en fonction d’une mesure stochastique du temps passé par les chercheurs à consulter une revue. L’Article Influence Score mesure l’influence moyenne de chacun des articles d’une revue sur les 5 ans qui ont suivi sa publication.
Scimago Journal Rank (SJR)
L’indicateur SJR (désormais SJR2) évalue le "prestige" d'une revue sur base du nombre de citations en appliquant un algorithme du type de celui de Google (PageRank) aux articles des revues indexées par la base de donnée Scopus. Il est basé sur l'idée que "toutes les citations ne sont pas égales", notamment en fonction des domaines de recherche.
Source Normalized Impact per Paper (SNIP)
L'indicateur SNIP (désormais SNIP2) évalue l'influence d'une revue sur la base du nombre de citations en les pondérant en fonction du contexte (domaine de recherche), sur base du corpus de Scopus.
3 - Impact d'un (groupe de) chercheur(s)
H-index
Nommé d'après son créateur Jorge H. Hirsch, le h-index évalue la production scientifique des chercheurs sur base des citations au sein d'un corpus donné. Un h-index de N signifie que le chercheur considéré (ou le groupe de chercheurs) a publié N articles cités au moins N fois dans la base de données considérée. Il y a donc des h-index différents pour le Web of Science, Scopus, Google, ORBi .... Le h-index peut être utilisé pour mesurer l'activité scientifique d'une université, d'un pays... mais aussi d'une revue.
Le G-index ou facteur G
Le G-index est une variante du h-index. Il correspond au "plus grand nombre d'articles pour lesquels il est vrai de dire que l'ensemble des g articles ont reçu au moins g² citations". Cet index favorise les chercheurs qui ont reçu un très grand nombre de citations pour certains de leurs articles.
Exemple : un auteur a un G-index de 20 s'il a publié au moins 20 articles qui, ensemble, ont reçu au moins 400 citations.
4 - Impact d'une institution
Depuis leur apparition aux cours des années 2000, les rankings internationaux des universités interrogent le positionnement mondial des acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche universitaire. Le nombre de ces rankings a fortement augmenté et leurs méthodologies se sont diversifiées.
